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BP REA : attentes différentes et esprit d’ouverture ont défini le tempo de la session de formation « grandes cultures »

par Laurence LE METAYER-MORICE 12 Juillet 2016, 14:33

Coralie, Alexandre et Hugo projettent de s’installer respectivement en polyculture-élevage de petits ruminants, de bovins lait et en maraîchage plein-champ. Ils ont fait le choix de suivre le module « grandes cultures ». Coralie recherchait des connaissances techniques et pratiques sur la conduite de cultures y compris sur le réglage de matériels. Alexandre voulait approfondir la conduite de grandes cultures en système raisonné tandis que Hugo attendait de ce module des connaissances complémentaires afin d’inscrire les légumes plein-champ dans une rotation avec des céréales voir des cultures fourragères.

La session a débuté par une intervention sur les filières grandes cultures. Si Gilles Le Maignan, conseiller du pôle économie, a présenté au groupe de 10 stagiaires l’économie mondiale des céréales soumise au « Weather market », taux de change…et autres paramètres influant le cours des céréales, il les a aussi invité à découvrir la filière en France et notamment les débouchés des céréales : de l’alimentation animale à la filière de blé panifiable en passant par la valorisation alimentaire ou autre de l’amidon. Après cette entrée en matière d’un point de vue économique, dès le lundi après-midi, c’est de conduite de culture dont il a s’agit. Si Coralie et Alexandre avaient déjà acquis quelques connaissances sur les itinéraires techniques des cultures fourragères, Hugo, trouvait dès le début un intérêt à l’approche faite par Philippe LEMAIRE, conseiller agronomie, sur la conduite des cultures. Au programme : conduite des rotations, alternances entre cultures de printemps et d’automne, introduction de couverts végétaux, semis sous couvert, techniques simplifiées….et tous les trois sont unanimes pour dire que combiner l’ensemble des paramètres n’est pas simple.

Hugo, Coralie et Alexandre

Hugo, Coralie et Alexandre

Après deux jours de contenues intensifs en salle, le temps était propice pour une oxygénation sur le terrain…avec un beau soleil en prime. Nos trois stagiaires ne tarissent pas d’éloges quant aux interlocuteurs rencontrés. Le matin, le témoignage de Jean-Yves MOISDON, collecteur de céréales et spécialiste de la collecte de blé panifiable les a impressionné ; « il fait preuve de professionnalisme… il a la volonté de créer du lien du producteur de blé au boulanger, de valoriser une filière locale… et puis, sa volonté de partager les responsabilités et la valeur ajoutée avec les différents acteurs de la filière nous a séduit ». « Cela nous a donné une autre image de ce que l’on pensait d’une filière longue – c’est quelqu’un de passionné – sa présentation était très claire ». L’après-midi, Bertrand GAUTRON les a accueillis sur son exploitation à ROUGE. Lors de la visite de parcelles, il a témoigné d’une expérience de 25 ans de conduite de grandes cultures en agriculture biologique. « C’était très intéressant, on a appris des choses pratiques…en fait, comme la fenêtre météo est très faible (la terre est trop humide ou trop dure) pour le passage de la herse étrille, il pratique aussi le binage des céréales» avance Coralie. « Oui, pour cela, il obstrue quelques bottes sur le semoir en ligne afin d’obtenir un écartement permettant le passage de la bineuse » surenchérit Alexandre qui poursuit « dans notre CUMA, nous sommes une dizaine d’exploitations à pratiquer le binage du maïs depuis quelques années, et on ne reviendrait pas en arrière ». « Ce qui est super, c’est aussi de voir qu’il a adapté son matériel, un tracteur ou la bineuse est dessous…comme cela, il voit bien son travail lorsqu’il bine » … « et t’as vu la parcelle où il a associé le lupin et le triticale » évoque Hugo. « Oui, la parcelle était belle » répond Alexandre. « En fait, le gros souci, c’est la gestion de l’enherbement » conclut Coralie.

Forts de ces deux visites nos stagiaires ont appréciés les deux jours suivants. Le jeudi, ils ont travaillé à partir du témoignage de Christophe HAMON, sur deux pistes de modification de système avec l’appui d’Emmanuel MEROT, chargé de mission Agro PV. « Cette journée nous a permis de mobiliser les connaissances des 3 premiers jours, de nous essayer sur une modification théorique et on remercie vraiment Christophe qui s’est prêté au jeu … et ce n’est pas simple de tout concilier en respectant plusieurs objectifs…dès que l’on modifie un élément, tout s’enchaine ! ». Le vendredi le groupe a travaillé sur les charges de mécanisation avec l’appui de Lydia BOUDON et le témoignage de Michel BEZIAU. « En fait, n’importe qui peut aller sur google et faire son « mécaflasch » assure Alexandre. « D’ailleurs, l’intervention sur les charges de mécanisation devrait concerner tous les stagiaires BP REA» ajoute Coralie.


Alors cette session ? « C’était très agréable. Chacun a fait preuve d’ouverture car nous n’avions pas les mêmes attentes. Nous avons autant appris avec les questions des autres stagiaires. Nos questions étaient complémentaires….Dans notre métier dont l’objectif est de nourrir, ce qui nous paraît essentiel, c’est de ne pas traiter le végétal seul ou l’animal seul. Il faut un équilibre entre le sol, la plante et l’animal…que l’on soit maraîcher ou éleveur. L’un ne va pas sans l’autre…d’ailleurs cela nous renvoie tout simplement à la nature…c’est l’harmonie».

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