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Ode aux paludiers, à leurs techniques culturales

par Bernard Guillamot 6 Février 2014, 09:31

Ode aux paludiers, à leurs techniques culturales

Lors de la restitution du travail de groupe sur le module « agriculture et société » réalisé dans la zone de la presqu’ile, Camille, stagiaire du groupe BP REA a déclamé une « ode aux paludiers ». Merci à lui.

Sur le fond la technique est d'extrême importance
Car son application influe sur le milieu.
Pour la forme, excusez ma piètre performance,
C'est en alexandrins que je me prête au jeu...

Du vaste océan, pénètre à marée haute
L'eau, circule par l'étier jusqu'au fond des marais
Remplissant les vasières, les gobiers, les oeillets,
Et Newton vous dirait qu'elle s'écoule par sa faute;

Mais c'est le paludier qui ouvre le robinet...

Lentement ruisselant de l'amont en aval,
C'est de mars à avril que la saumure est formée
Sur 2 cm d'eau, le taux de salinité
Est huit fois supérieur qu'au large du littoral.

De juin à septembre se récolte le sel
Sous l'effet combiné de Hélios et d'Eole
Et c'est douze heures par jour qu'en surface et au sol
Les cristaux sont cueillis en fleur et en gros sel.

Par la louste et le las, outils rudimentaires,
Poussés sur les ladures, stockés sur les trémets
Honnis soit le tractopelle, ici tout est géré
A l'ancienne, les méthodes sont toutes vernaculaires;

Le savoir artisan a su défier le temps...

Le stockage en salorge pendant deux ou trois ans
Permet de voir venir les années difficiles
Le rendement est variable, fluctuant et oscille
Car soumis totalement aux aléas du temps.

50 kilos en moyenne par oeillet et par jour;
Pour 30 jours de récolte, je vous laisse calculer.
Mais déjà on arrive à la fin des beaux jours...
Entre automne et hiver, que fait le paludier?

Il surveille, il nettoie, prend soin de ses salines;
Vide l'eau, cure les fonds, retire algues et débris;
C'est une science ou un art, il doit la jouer fine
Pour pouvoir toujours mieux optimiser le débit.

Paludier ta technique est vraiment admirable
En douceur avec tact, tu exploites ton milieu:
Moitié terre, moitié mer, j'vois pas qui peut faire mieux,
Préservant les ressources et les rendant durables.

Ode aux paludiers, à leurs techniques culturalesOde aux paludiers, à leurs techniques culturales

commentaires

Michel Hivert 12/02/2014 08:04

Merci Camille pour cette belle ode poétique. Un vrai talent !

BERNARD GUILLAMOT 10/02/2014 19:11

Réponse de Camille à Bruno, une joute poêtique s'engage, qui en sera le vainqueur?

Merci de relancer le jeu...
L'octosyllabe est ambitieuse?
C'est juste pour m'amuser un peu...
Comme je rejoins votre opinion,
Et que ce mot me semble laid:
Je vomis toute exploitation
qui crée un monde hiérarchisé
L'homme au-dessus de la nature,
Ubris de l'anthropocentré
où tout est donné en pâture
Aux appétits démesurés.
J'ai forcé ma plume rebelle
A user de ce terme inique
Car je devais faire la part belle
Aux exigences économiques.
Le E de BPREA
Est hélas celui d'Exploitant
J'aurais aimé que cela soit
Celui d' "Eco-engagement"
Je crois en la préservation
Du milieu et de nos ressources
Pour que dans sept générations
On puisse boire la même source.
J'ai cherché à me préparer
Au grand oral et au jury
Pour ne pas être qualifié
De cultivateur d'utopies...

Bernard 07/02/2014 19:02

Je ne peux m’empêcher de publier ce commentaire de la part de Bruno GROLLIER

La poésie a bien évidemment sa place,
Dans nos métiers de la terre et du vent
Et, c'est donc très beau et plein d'audace,
D'exprimer ainsi l'amour d'un métier si vivant,

A Camille, simplement cette remarque de vieux,
Saisi et consterné que je fus par ton dernier quatrain
Où, sans vergogne, "Tu exploites ton milieu".
"Tu cultives" aurait eu ma préférence. Mais enfin!

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